Klaus Hamberger, Maître de conférences à l’EHESS de Paris : « l’analyse des réseaux permet potentiellement de résoudre tout problème scientifique qui implique une dimension relationnelle »

Dans cette interview , il revient sur l’importance de développer cette méthodologie interdisciplinaire destinée à comprendre les systèmes et organisations complexes.

Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est l’analyse des réseaux ?

C’est un outil, une méthodologie qui existe depuis les années 40 et qui a pris son ascension à partir des années 70. Elle permet de traiter des données relationnelles essentiellement en les représentants par des points, des lignes, donc par des réseaux. Aujourd’hui cela se fait aussi avec l’aide des ordinateurs et de logiciels.

Quelle a été la méthodologie utilisée durant l’atelier ?

Nous avons passé les matinées à présenter des modèles et des concepts pour avoir une sorte de cours classique. Les après-midis étaient consacrés aux exercices avec notamment des logiciels pour initier les participants à la fois au maniement du concept et à la compréhension des notions et à l’utilisation des logiciels.

Comment évaluez-vous les travaux après une semaine avec les participants ?

Les participants étaient très assidus. Ils ont bien suivi les exercices qui ne leur ont pas posé beaucoup de problèmes. Personnellement, c’est une impression très positive. Ensuite on verra dans quelle mesure les participants pourront appliquer les concepts, les travaux dans les recherches mais aussi dans leurs enseignements.

Qu’est-ce que cette discipline permet de résoudre ?

C’est plutôt une méthodologie interdisciplinaire qui s’applique au-delà des sciences sociales car nous avions parmi les participants des informaticiens. Cette méthodologie s’applique aussi dans les sciences de l’information et de la communication, même en chimie et en biologie. Du coup ça permet de résoudre tout problème scientifique qui implique une dimension relationnelle et potentiellement traitable par l’analyse des réseaux sociaux. C’est un outil extrêmement généraliste.

Avec cette interdisciplinarité, il est à supposer qu’il y a eu beaucoup de profils à cet atelier

Il y a eu des collègues issus des sciences de l’information et des mathématiques, des sciences sociales, de la sociologie anthropologie, un collègue linguiste, un philosophe, des économistes, des collègues qui travaillent sur les questions de santé… La seule discipline en sciences sociales qui a manqué est la géographie. Sinon on a couvert tout l’éventail où l’analyse des réseaux sociaux trouve son application.

A quelles avancées peut-on s’attendre à l’issue de cet atelier ?

On verra bien. Nous avons aussi parlé un peu de l’enseignement numérique. C’était aussi l’occasion surtout de se connaître pour voir les différents formats d’enseignement qui existent. Là c’est un enseignement assez classique. La façon avec laquelle on le fait à Paris est beaucoup plus comprimée. On verra dans quelle mesure une dimension numérique serait éventuellement possible à intégrer dans les enseignements que nous faisons à Paris. De l’autre côté, dans quelle mesure un atelier comme on l’a fait ici, pourrait être pensé comme un enseignement pour les étudiants. Donc c’est surtout la réflexion et l’expérimentation. On reste en dialogue et on verra ce qui sera le résultat.

Quelles sont les perspectives de manière globale après cet atelier ?

Il y a ce que je viens de dire : faire évoluer ce type d’atelier, ce type d’enseignement en direction d’un type d’enseignement dont pourraient aussi profiter les étudiants. La deuxième perspective est une demande qui a émané des participants et qui consiste à se mettre en réseau entre eux et créer un petit groupe de recherche interdisciplinaire, inter universitaire, qui pourra se réunir dans quelques mois pour travailler ensemble avec des outils de l’analyse des réseaux, dans leurs différents domaines d’intérêt.

Présentation de Klaus Hamberger

Klaus Hamberger est Maître de conférences à l’EHESS, chercheur au Centre d’Etudes des Mondes Africains (CNRS/CEMAf-Ivry) et membre du groupe de recherche TIP (Traitement Informatique de la Parenté, www.kintip.net). Philosophe d’origine (thèse 1995), il a entamé en 2004 un travail de terrain au Togo méridional et soutenu en 2009 une thèse en anthropologie sociale à l’EHESS, La parenté vodou. Organisation sociale et logique symbolique en pays ouatchi. Ses recherches portent sur l’anthropologie de l’espace social, la modélisation de la parenté et l’analyse des réseaux sociaux.

Source : ethnographiques.org

Bibliographie
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